Les vins «naturels», essor d’une contre-culture 




L’utilisation des pesticides s’impose comme un débat de société qui va bien au-delà de la seule question des techniques culturales. Interdire les pesticides dans l’agriculture et la viticulture. C’est l’ambition d’une initiative populaire qui a été lancée cette semaine par un groupement de citoyens dont Edward Mitchell, professeur en biologie des sols à l’Université de Neuchâtel. Présenté cet été, le plan d’action de la Confédération a une ambition plus modérée: il vise une réduction de l’utilisation de tous les intrants chimiques de 30% «afin de réduire de moitié les risques liés aux pesticides d’ici à dix ans». La question est particulièrement sensible dans la viticulture, grosse consommatrice de produits phytosanitaires. Partout en Europe, des réflexions sont en cours pour réduire leur utilisation. Les défenseurs de l’environnement et des dizaines de milliers de citoyens se sont ainsi mobilisés ce printemps pour exiger l’interdiction du glyphosate, la molécule du Roundup, un herbicide controversé. En juin dernier, malgré une pétition qui a réuni 160 000 signatures et l’opposition de plusieurs états membres, la Commission européenne a prolongé son autorisation de dix-huit mois.

«Haut-Brion est la plus ancienne 
marque de luxe du monde»

Domicilié à Vevey, le prince Robert du Luxembourg dirige le célèbre Grand cru classé bordelais qui appartient à sa famille depuis 1935. Il est l’ambassadeur de son style classique «sur l’élégance et la complexité, comme de la soie».

Robert de Luxembourg est prince mais il n’est pas précieux. Quand il évoque le Château Haut-Brion, acheté par son arrière-grand-père Clarence Dillon en 1935, il commence par évoquer les spécificités du sol caillouteux des Graves, à proximité immédiate de la ville de Bordeaux. C’est là qu’il a passé ses vacances, enfant,…

 

Les vins de l’Apocalypse

Entouré d’amis et de vignerons, Josef Zisyadis a réalisé la première vendange de son domaine de Patmos début août. Reportage dans les vignes de la petite île volcanique du Dodécanèse où fût banni l’apôtre Jean.

Il est 6 heures du matin en ce début du mois d’août, le soleil n’est pas encore levé sur la baie de Petra. Dans la vigne qui ondule en direction de la mer, une dizaine de vendangeurs s’activent dans une fraîcheur toute relative: il fait déjà 25 degrés. Sécateur en main, Josef Zisyadis arbore un large sourire: cela fait 20 ans qu’il attend cette première récolte dans «son» île de Patmos, où il vient se ressourcer chaque été. «A la fin du 19e siècle, les nombreuses terrasses de l’île étaient pour la plupart occupées par la vigne, raconte…

Les mystères de la barrique

Depuis les années 1980, l’élevage sous bois est un élément clé de la vinification. Selon le tonnelier et l’origine du bois, le fût peut donner une âme supplémentaire au vin ou au contraire l’écraser. Récit d’une dégustation comparative.

Quand un cuisinier cherche à magnifier la chair délicate d’une volaille, il a l’embarras du choix. Il peut apporter une touche exotique avec du curcuma, aux saveurs douces, ou du safran, plus noble et au goût plus prononcé. Il peut aussi opter pour une sauce au poivre blanc, tout en finesse, ou au poivre noir du Kerala, au caractère impétueux. Avec toujours le même défi: trouver le juste…

Quand 
le fromage gagne 
à se marier 
en blanc

Il faut oser le chasselas! Le roi du vignoble romand permet des accords inattendus, comme l’ont démontré des menus concoctés par les chefs Edgard Bovier et Benoît Violier.

«Avec du gruyère? Du rouge, voyons!» Pendant des décennies, le gamay, le pinot noir ou la dôle ont été les uniques compagnons des plateaux de fromages en pays romand, qu’il s’agisse de pâtes dures ou de pâtes molles. «C’était du rouge et point barre, se souvient Edgard Bovier, chef du Lausanne Palace. Pourtant, très souvent, c’est le blanc qui offre les accords les plus adéquats. Personnellement, je suis un inconditionnel du chasselas. Un Dézaley avec quelques années…

En Romanée-Conti, à la fortune du vin

Le domaine mythique de Vosne-Romanée produit les crus les plus chers du monde dans un décor monacal, loin du faste de certains grands châteaux bordelais. Visite guidée avec celui qui prendra un jour les rênes du mythe, Bertrand de Villaine

A l’ouest de Vosne-Romanée, des vignes couronnées par un bandeau de forêt s’étirent en pente douce en direction du village. Au bas de la butte, au bout d’une petite route rectiligne, une croix du XIVe siècle plantée devant un mur de pierre se dresse vers le ciel. On y est! Devant nous, sur 1,8 hectare d’un seul tenant, les ceps les plus chers du monde: ceux de la Romanée-Conti, un des huit grands crus du domaine éponyme. A sa droite, les Richebourg et la Romanée-Saint-Vivant. A sa gauche, de l’autre côté d’un autre chemin de vigne, La Tâche. Des noms prestigieux dans un paysage d’une remarquable simplicité, sans caméra ni vigile.

Quand les architectes repensent le vin

A force de chantiers spectaculaires, le Bordelais comble le retard pris sur les vignobles du Nouveau Monde. Souvent dessinés par des stars de l’architecture, les nouveaux chais sont des outils de communication redoutables. Au point, parfois, de faire oublier la notion de terroir.

Au cœur du Médoc, au bord de la route qui mène de Margaux à Pauillac, un vaste trou entouré d’une barrière métallique attire l’œil. Les lieux seront bientôt transfigurés: dans une année, Château Beychvelle, grand cru classé de l’appellation Saint-Julien, disposera d’un nouveau chai à barrique et d’une nouvelle cuverie à l’architecture contemporaine. Un projet imaginé par le cabinet bordelais BPM Architectes, qui dispose d’une importante expérience …

A Arbois, la rencontre du vin jaune et du pata negra

Les frères Alcala ont passé la frontière pour une séance d’accords gourmands avec les crus de Stéphane Tissot. Une rencontre transjurassienne qui devrait en appeler d’autres.

Dans le massif jurassien, on aime les bons produits. Et la frontière franco-suisse ne freine pas les ardeurs gourmandes. Samedi dernier, les frères Tomas et Eleuterio Alcala, producteurs de jambons d’exception à Vaumarcus (NE), ont pris la route d’Arbois pour rencontrer le vigneron Stéphane Tissot. L’occasion d’une rencontre conviviale et la confirmation que les pata negra (pattes noires) des deux Neuchâtelois se marient…

Au grand bal des primeurs bordelais

Une fois l’an, début avril, acheteurs et journalistes du monde entier se pressent à Bordeaux pour évaluer le dernier millésime encore en barrique. Une grand-messe qui a ses codes et ses rites. Reportage.

En cette matinée pluvieuse d’avril, il y a foule au Château Cheval Blanc. A l’entrée du chai en forme de vague posée sur les vignes de Saint-Emilion, deux hôtesses vérifient que les nouveaux arrivés sont enregistrés sur leur check-list. Il n’y a ensuite plus qu’à saisir un verre et attendre son tour pour pouvoir goûter quelques centilitres…

Reportage à Ottenberg, où le pinot noir est roi

Le vignoble qui domine Weinfelden (TG) possède une tradition centenaire. Dans le sillage du Schlossgut Bachtobel, le domaine historique, les jeunes vignerons produisent des vins ébouriffants. Reportage.

Là-haut, au milieu des vignes dénudées qui s’étirent sous le soleil matinal, on aperçoit sa grande façade blanche. Propriété de la famille Kesselring depuis 1784, le Schlossgut Bachtobel est l’emblème du vignoble de la colline de l’Ottenberg, qui domine Weinfelden. Avec ses dépendances à colombages et ses 13 hectares de forêt, le château est un morceau de patrimoine thurgovien. Sous l’impulsion du génial mais tourmenté Hans Ulrich Kesselring, …