Les Grains nobles, un patrimoine valaisan

Les célèbres vins liquoreux du Vieux pays traversent une passe délicate. Mais pas de quoi s’inquiéter pour leur pérennité, assure le nouveau président de la Charte, Robert Taramarcaz.

Des consommateurs de moins en moins portés sur les produits sucrés. Des millésimes récents peu favorables au développement du fameux botrytis cinerea, qui leur donne patine et complexité. Les vins liquoreux valaisans de la Charte Grain Noble confidentiel traversent une période difficile après le boom de la première décennie des années 2000. Mais pour Robert Taramarcaz, qui a pris l’an dernier la succession d’Emmanuel Charpin à la présidence de la charte, il n’y a pas lieu de s’inquiéter: « On ne peut pas comparer la situation valaisanne avec les vins de Sauternes, par exemple. Aucun de nos membres n’imagine faire recette avec ce type de vins, qui représente une part infime de chaque production. L’objectif est de réaliser un vin doux de rêve malgré les caprices du temps… C’est un véritable défi, c’est pour cela que nous sommes si «ConfidenCiel»! »

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«Champagne!»: A la découverte de six cuvées d’orfèvres

Artisans qui cultivent la vigne et vinifient leur vendange, les récoltants-manipulants ont le vent en poupe. Découverte de six vins produits par des vignerons de talent avant les festivités du weekend

Les producteurs de champagne, c’est comme le bonheur: il y a les petits et les grands. Depuis vingt ans, les petits ont la cote, avec leur propension à sortir des sentiers battus (par les grands) et à montrer la voie pour promouvoir une viticulture respectueuse de l’environnement.

La Romanée-Conti, mythe parmi les mythes

Bien sûr, cela reste du vin. Mais la dégustation des cuvées du domaine de la Romanée Conti (DRC) constitue une expérience à part, une forme de Graal bachique. Cela n’a rien à voir avec du snobisme: les vins du domaine ont beau être devenus des produits financiers prisés des spéculateurs, ils représentent pour tout passionné la quintessence de ce que peut offrir le pinot noir. Des vecteurs d’émotion sans nul autre pareil qui traduisent le terroir exceptionnel de Vosne-Romanée.

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Les délices de Vienne

La capitale autrichienne est une destination attractive pour les amoureux de la gastronomie. Avec en vedette le fameux Wiener schnitzel, cousin de l’escalope milanaise.

Une fine escalope de veau aplatie au maillet, des œufs, de la panure de première qualité et du beurre clarifié pour la cuisson. La préparation de la fameuse escalope viennoise, plus connue sous son nom original de Wiener schnitzel, semble être d’une simplicité enfantine. Rien n’est plus faux: la dégustation d’au moins cinq spécimens dans différents restaurants de Vienne, mi-octobre, a mis en évidence d’importantes différences qualitatives, avec souvent une panure beaucoup trop abondante. De quoi susciter plusieurs déceptions pour le gourmet à la recherche d’émotions culinaires.

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Didier Burkhalter, le goût du lac et du terroir

C’est parti: la Semaine suisse du Goût 2017 a été ouverte cette semaine à Berne par le conseiller fédéral Didier Burkhalter. Il a dédié son discours au terroir neuchâtelois devant les trois candidats à sa succession présents dans la salle – l’élection approche…. Cela tombait à pic: cette année, c’est sa ville de Neuchâtel qui est « Ville suisse du Goût ».

Le chef du Département fédéral des affaires étrangères a insisté sur son attachement « à son terroir », à ses racines profondément ancrées sur le Littoral neuchâtelois. Sur le ton de la confidence, il a raconté que sa vocation de conseiller fédéral est née de la rencontre de deux natures: la sienne et celle de son canton.

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Claude Frôté: « Je ne cherche pas la sophistication »

Son père aurait souhaité qu’il devienne avocat, comme lui. Claude Frôté est devenu cuisinier avec le goût de la plaidoirie et des beaux produits. Attablé dans la salle de son restaurant, le Bocca, juste après le coup de feu de midi, le chef est intarissable: il défend avec la même verve la finesse de la féra du Lac de Neuchâtel et les saveurs exotiques d’épices orientales. Un métissage qui est un des fils conducteur de sa cuisine. « J’aime voyager et faire des découvertes culinaires, précise-t-il avec enthousiasme. Cela me donne des idées pour créer des nouveautés. » Continuer la lecture de « Claude Frôté: « Je ne cherche pas la sophistication » »

A Arbois, la rencontre du vin jaune et du pata negra

Les frères Alcala ont passé la frontière pour une séance d’accords gourmands avec les crus de Stéphane Tissot. Une rencontre transjurassienne qui devrait en appeler d’autres.

Dans le massif jurassien, on aime les bons produits. Et la frontière franco-suisse ne freine pas les ardeurs gourmandes. Samedi dernier, les frères Tomas et Eleuterio Alcala, producteurs de jambons d’exception à Vaumarcus (NE), ont pris la route d’Arbois pour rencontrer le vigneron Stéphane Tissot. L’occasion d’une rencontre conviviale et la confirmation que les pata negra (pattes noires) des deux Neuchâtelois se marient…

Vin jaune, l’or du Jura

Vigneron rebelle installé à Montigny-lès-Arsures, Stéphane Tissot a réinventé le vin jaune emblématique du Jura français. Il propose quatre crus issus de terroirs différents qui affichent chacun une forte personnalité. Rencontre.

C’est un esprit rebelle qui s’ingénie à réinterpréter la tradition. Depuis qu’il a repris le domaine familial des mains de son père, en 1990, Stéphane Tissot cherche inlassablement à faire les choses « autrement » à la vigne et à la cave. Avec, notamment, le passage à la culture « bio » en 1999 puis à la biodynamie en 2004. « Je l’ai fait pour aller plus loin dans la qualité, c’est un moyen pas une fin en soi », répète le vigneron au crâne chauve dans son caveau de Montigny-lès-Arsures, petit village entouré de vignes situé tout près d’Arbois.

Le completer, un trésor grison

Très acide, peu productif avec une maturité tardive, le completer a failli disparaître dans les années 1980. Probablement venu d’Italie, le cépage existait en 1321 dans la région de Malans. Gian-Battista von Tscharner s’engage pour le faire connaître depuis 1982. Il est encore méconnu, un comble pour un des cépages blancs les plus intéressants de Suisse. Le completer recouvre 4,3 hectares de vignes, dont 3,4 hectares dans la région de Malans (GR). Très acide, peu productif avec une maturité tardive, il a failli disparaître dans les années 1980, remplacé par des variétés internationales plus faciles à domestiquer. Gian-Battista von Tscharner y a toujours cru. «J’en ai replanté en 1982, convaincu de son immense potentiel, martèle-t-il, enthousiaste. Le completer est très Grison: il est têtu, montagnard, et il faut de la patience pour le comprendre. Mais si on se donne de la peine, il produit des vins fantastiques.»